Glossaire des notions

Définition de la rudologie

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La rudologie (du latin rudus qui signifie décombres) est l'étude systématique des déchets, des biens et des espaces déclassés. Elle a été créée en 1985 par Jean Gouhier. Les praticiens de la discipline sont les « rudologues ».

 

Gestion des déchets

La gestion des déchets est la collecte, le transport, le traitement (le traitement de rebut), la réutilisation ou l'élimination des déchets, habituellement ceux produits par l'activité humaine, afin de réduire leurs effets sur la santé humaine, l'environnement, l'esthétique ou l'agrément local. L'accent a été mis, ces dernières décennies, sur la réduction de l'effet des déchets sur la nature, sur l'environnement et sur leur valorisation.

Rudologie appliquée

Déchets ménagers, déchets industriels banals et spéciaux, déchets hospitaliers, déchets nucléaires, cette nouvelle science a de beaux jours devant elle ; d'autant que les exigences des normes françaises et européennes sont de plus en plus élevées.

La norme ISO 14001 est la plus utilisée des normes de la série des normes ISO 14000 qui concernent le management environnemental.

Rudologue : un métier d'avenir !

R comme Rudologie

Le rudologue analyse la production des déchets en amont et propose des solutions techniques à tous les partenaires de la filière : producteurs, collecteurs, traiteurs. Il est utile aux entreprises, aux services publics, aux collectivités territoriales. Le métier est ouvert à ceux qui ont une forte sensibilité environnementale, une solide formation générale et technique et un goût affirmé pour l'action concrète. Cette profession est en plein essor. Au-delà des administrations générales et territoriale, les rudologues sont présents dans les grandes entreprises soucieuses de leur image.

Genèse de la rudologie

Au sens direct (voir définition ci-dessus), la rudologie est l’étude scientifique des déchets. Une telle démarche d’analyse est apparue insolite à ses débuts.

 

Le choc révélateur des espaces dépotoirs

Cette thématique formulée en 1969 a déclenché de prime abord suffisamment de sourires sceptiques ou amusés pour qu’il ait semblé nécessaire, à cette époque d’euphorie économique, d’avancer quelques raisons justificatrices de ce choix. C’était essentiellement l’impressionnante découverte des espaces dépotoirs (décharges périurbaines et crassiers industriels, marécages fétides et lacs chimiques), tous ces envers oubliés du glorieux développement économique.

Bien avant l’officialisation résonnante d’une politique de l’environnement, certains éléments ignorés du paysage quotidien ont révélé l’ébauche de ce sujet inhabituel à un géographe campeur, d’origine rurale, installé à la ville par nécessité mais sans trop de conviction, face aux contradictions de la vie citadine et aux comportements négligents de certains de ses usagers.

A  cette époque  le  campeur discrètement équipé, respectueux de la nature, soucieux d’échanges humains locaux, a découvert des signes révélateurs de déséquilibres critiques pour l’avenir du milieu naturel. De cette intime conviction est née une préoccupation d’analyse méthodique des causes, des conditions et des formes d’atteinte des milieux agressés. C’est le fondement même d’une recherche géographique comparative, réalisée dans plusieurs régions bien différenciées par leurs caractères économiques, sociaux et comportementaux.

 

L’engagement d’une recherche-action difficile

Ainsi des paysages caractéristiques, des faits originaux se répètent d’une façon spécifique à différentes échelles régionales. Apparemment leur nature et leur localisation dépendent des facteurs économiques, techniques et humains.

Au-delà de la contingence circonstancielle, une telle liaison apparente pouvait nourrir une recherche universitaire systématisée : analyser, définir, expliquer une série de phénomènes généraux complexes, variés et variables, et tenter d’éclairer et de caractériser leur distribution spatiale.

Une analyse méthodique et objective comparée des déchets et de leurs effets  dans deux régions européennes est le sujet d’une thèse de géographie soutenue en 1972 à l’Université de Caen [1].  Elle définit les bases d’une étude méthodique et objective des déchets et de leurs effets sur le milieu environnant.

 

La rudologie : les concepts et leur évolution

Au sens originel, la rudologie est la science du déchet et de l’ordure, l’étude des biens exclus et rejetés. Mais, à partir de 1975-80 en Sarthe, les expériences concrètes de sensibilisation et de d’organisation des premières collectes sélectives de valorisation des papiers-cartons des ménages d’une part et, en Maine-et-Loire, celles de valorisation des emballages alimentaires (bouteilles et cageots), ont montré la relativité et la variabilité de la notion même de déchet. Ce n’est pas un « non être » mais un « peut être ». Tout dépend de l’opportunité qu’on lui offre pour exister et valoir.  

Le sens dérivé, celui de rejet, a enrichi l’analyse rudologique. L’étude des conditions du rejet, de la déqualification, de la dévalorisation et de l’exclusion a éclairé le fondement même du déchet et par conséquent la généralisation de la notion.

« Tout bien, matériau, matériel, équipement, construction peut perdre son utilité reconnue et devenir déchet : résidu, épave, carcasse, taudis, ruine. Ce bien déclassé gagne un espace de décharge et intéresse le marginal et l’exclu social »

« La localisation des exclus d’un système économique et social signale les marges de ce système. La rudologie inclut donc une dimension spatiale, géographique qui fut son orientation originelle : l’emprise et la répartition spatiale des accumulations détritiques» [2]

De fait, la famille sémantique compte deux branches fondatrices :

  • La première signale le dégoût, la puanteur, l’impureté : c’est l’immondice (du latin « immondus », le non-propre). C’est l’axe de l’ordure, de l’insulte et du mépris qui s’attache à l’animal immonde (le porc) consommateur occasionnel, aux salissures diverses de la rue (les « immondices » du vieux Paris), celles des ruelles immondes, boueuses, noires, sinistres de la grande ville du XIXe siècle.
  • La seconde branche, marquée elle aussi par la déchéance fonctionnelle est cependant plus respectable et dérive de la déformation populaire du verbe déchoir. Au XIIIe siècle (1283) on parle des « deschié » en évoquant un bien dévalorisé et déchu de sa fonction justificative. C’est le sens premier du déchet. L’origine n’est pas aussi triviale qu’ont bien voulu l’affirmer certains, sommairement informés et par des élucubrations scatologiques.   

Pour ainsi dire, il existe donc dès l’origine l’ordure et le rebut, les vrais et les faux déchets, ces derniers particulièrement développés dans les rejets des sociétés dites développées. D’une façon générale, la démarche rudologique est une recherche de la localisation et de la caractérisation des rejets et des marges des systèmes organisés.

« Montre-moi ta poubelle, je comprendrai comment tu vis ; montre-moi  les bennes de l’arrière-cour de ton usine, je pressentirai tes exigences de gestion. »

Ainsi les banlieues des grandes villes du monde exposent les grands contrastes du haut développement technologique et de l’extrême misère sociale de notre monde actuel. En un mot la rudologie est l’étude systématisée de l’organisation des systèmes économique et sociaux analysés depuis leurs marges.

 

Vers un territore de qualité ?

 

Et cette démarche apporte une contribution à un développement économique « soutenable » pour être durable, donc socialement supportable et écologiquement compatible avec les caractères originels du milieu :

  • faire le ménage des déchets et des nuisances,
  • ménager les ressources du milieu,
  • aménager l’espace d’activité et le territoire de vie.

[1] Jean GOUHIER : « Eléments pour une géographie des déchets : analyse et étude comparée dans le Maine (France Ouest) et la région de Liège (Belgique) », Thèse (1972).

[2] Jean GOUHIER : Manuel de rudologie (2001) p 23.


 

La marge, espace de repli ou terre d’espérance ?

Au-delà du déchet : l’enjeu sociétal de l’environnement ? Depuis les premières recherches universitaires sur le sujet, le déchet s’est progressivement « socialisé », voire banalisé ! En plusieurs temps : 

1 - Le déchet libre, sauvage et abondant

« Il y a 40 ans au temps des ordures prospères ! » (Refonte simplifiée de thèse de 1972)

2 - Le déchet administré, régulé et « marchandisé »

1975 : la législation nouvelle est l'acte de naissance du déchet « tout bien abandonné ou que le propriétaire destine à l’abandon ». Naissance d'un organisme spécifique : l’ANRED (devenu ADEME en 1991).

Afin de leur permettre de progresser dans leur démarche environnementale, l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME) met à disposition des entreprises, des collectivités locales et du grand public, son expertise, son soutien technique, méthodologique et éventuellement financier dans les domaines suivants :

  • l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables
  • la gestion des déchets, la préservation des sols
  • la qualité de l'air
  • la lutte contre le bruit

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Chacun peut agir au quotidien pour concilier confort individuel et bénéfices collectifs : au travail, à la maison, dans les activités de loisirs, en vacances...

Une nouvelle activité économique multiple apparaît.

Des exemples ? Ménager un voisinage propre et fleuri, c’est s’assurer un cadre de bonnes relations et permettre une solidarité vécue.

« Lorsque la marmite déborde, 

le fou éponge l’eau, le sage éteint le feu »  

(proverbe chinois)

Un premier pas vers un Territoire de Qualité »

Cf  « Le jardinage social dans un territoire de qualité »

Cf  « Les exemples de Grand Ensemble fleuri : le béton en fleurs »

 

3 - Le déchet « prévenu » par l‘acteur économique et citoyen responsabisé

Un champ d’éducation citoyenne et d’expérimentation pédagogique largement accessible

Vers une « prévention/contraception » du déchet

  • la promotion d’un espace d’activité économe de ressources
  • la défense et recherche d’un cadre de vie sociale de bon voisinage

Vers un espace d’activité et de vie de bonne qualité en partage solidaire ! Mais faut-il encore ouvrir l’horizon.  

Commentaires (1)

Olivier Jacobs
  • 1. Olivier Jacobs | 21/08/2013
Bonjour,

Je suis Belge résident en Belgique.
Comment faire pour rediriger ma carrière vers la rudologie ?
Je suis informaticien, 40 ans. Aucun diplôme scientifique.

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Date de dernière mise à jour : 30/03/2018